Une alternative à la voiture de société: encore loin du consensus

La voiture de société agite les esprits depuis des années. Cet avantage accordé par de nombreuses entreprises à une partie de leurs cadres ou employés fait depuis belle lurette l’objet de nombreuses critiques. Il contribue notamment à l’engorgement du réseau routier, aux problèmes de mobilité et à la pollution que nos politiques publiques prétendent combattre, tout en lui accordant un régime fiscal favorable. Il n’est manifestement pas aisé de trouver une alternative capable de recueillir le consensus.

A la demande du gouvernement fédéral, le consultant en ressources humaines SD Worx a proposé un projet de loi. En substance, le travailleur bénéficiaire d’une voiture de société aurait la possibilité d’opter pour une compensation financière, liée aux mêmes avantages fiscaux. Il aurait de la sorte les moyens de financer un abonnement aux transports en commun, et d’utiliser le solde à sa convenance.

Plusieurs organisations actives dans le domaine de la mobilité, telles que Febiac ou Touring, expriment de la déception et demandent à être entendues par les instances législatives. A leurs yeux, cette proposition « se limite à une conversion de la voiture en cash sur base du prix catalogue du véhicule, après déduction de la prestation en nature, sans obligation pour le bénéficiaire de consacrer cette somme à une alternative à la voiture. »

Le projet de SD Worx, disent-elles encore, est bien insuffisant pour rencontrer le défi de société que constitue la mobilité et notamment la réduction du coût économique occasionné par les embouteillages.

Elles produisent à l’appui de leur position une analyse du bureau d’études Traject établissant qu’un budget mobilité prévoyant un large choix d’alternatives de transports durables, intrégré dans un plan de mobilité d’entreprise, peut générer une diminution des déplacements en voiture de l’ordre de 15 %.

Le débat est assurément en pleine ébullition. De son côté, le gouvernenement bruxellois planche sur ses propres mesures pour lutter contre la congestion dans la Région capitale. La Ministre bruxelloise de l’Environnement, Céline Frémault (cdH), soutenue par son collègue de la Mobilité, Pascal Smet (sp.A), préconise que les entreprises qui offrent une voiture de société à leurs employés soient tenues de leur fournir également un abonnement aux transports en commun ou un vélo de société. Les travailleurs concernés pourraient également souscrire un abonnement au service Villo. 38.000 personnes occupées à Bruxelles pourraient être concernées par cette mesure, envisagée pour 2018 par les ministres bruxellois.

Site RTBF avec dépêches d’agences, 5 mai 2017

Publié 08-06-2017

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