Un travailleur sur 4 consomme trop d'alcool

Les embarras de la circulation et la consommation d'alcool vont de pair. 

Publié 27-12-2018

alcool

Un travailleur sur quatre consomme trop d’alcool. C'est ce qui ressort clairement d'une récente enquête réalisée par Securex, spécialiste des ressources humaines. 22 % des travailleurs belges déclarent boire plus de 2 à 3 verres d'alcool par jour. En 2015, ce pourcentage n'était que de 14 %. Pas moins de 24 % boivent 10 verres ou plus par semaine et dépassent ainsi la nouvelle directive étayée scientifiquement du VAD, le Centre flamand d'expertise Alcool et autres drogues. « Les travailleurs stressés boivent plus. Un verre de vin ou de porto peut réduire le stress, mais cela ne fonctionne qu'à court terme. C’est une tendance dangereuse, » déclare Heidi Verlinden, HR Research Expert chez Securex.

Ce sont surtout les hommes, les dirigeants et les Bruxellois qui boivent trop chaque semaine

Les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à déclarer consommer de l'alcool de façon excessive (32 % contre 13 %). À Bruxelles, près d’une personne sur 3 boit trop (31 %), soit nettement plus qu’en Région flamande (22 %) ou en Région wallonne (23 %). Les dirigeants boivent souvent aussi plus que les exécutants (30 % contre 21 %). Les personnes de plus de 50 ans boivent moins : dans ce cas, seulement 14 % boivent trop par jour, contre 25 % pour les moins de 50 ans. Les travailleurs isolés ou divorcés avec de jeunes enfants constituent un groupe à risque : 39 % d'entre eux boivent trop chaque semaine (contre 23 %).

Les embarras de la circulation et la consommation d'alcool vont de pair

Le problème de mobilité exerce un impact important : ceux qui trouvent le trajet domicile-travail stressant courent un risque deux fois plus élevé de consommation excessive d'alcool que ceux qui s’accommodent des embouteillages et des transports publics (35 % contre 17 %). Cette constatation s’applique aussi dans le sens inverse : celui qui boit de trop trouvera plus rapidement que son trajet domicile-travail est stressant.

Les travailleurs stressés déclarent plus souvent dépasser cette limite hebdomadaire de 10 verres (29 % contre 18 %). Les travailleurs qui envisagent de changer d'employeur à court terme boivent presque deux fois plus souvent (37 %) que ceux qui veulent rester chez leur employeur actuel (20 %).

Heidi Verlinden, HR Research Expert chez Securex : « Les travailleurs stressés boivent plus et les problèmes croissants liés aux embarras de circulation peuvent avoir un impact sur la consommation croissante d'alcool. Une enquête précédente de Securex a également montré que la pénibilité des trajets domicile-travail va de pair avec un stress plus élevé au travail et de la fatigue après le travail. Un petit verre de vin ou de porto peut réduire le stress, mais cela ne fonctionne qu’à court terme. »

Miser sur la prévention

Eva Praet, responsable régionale de l'équipe psychosociale Securex : « L'alcool est un stupéfiant qui n'élimine pas la cause du stress. Vous dormez mieux, mais le sommeil est moins profond. Par conséquent, vous n'êtes pas vraiment reposé mentalement ou physiquement. C’est un cercle vicieux. Il est donc important, en tant qu'employeur, d'être attentif aux comportements à risques, de sensibiliser les travailleurs aux conséquences d’un usage excessif et d'offrir de l'aide si nécessaire ».

Lors de la détection des sentiments de stress dans les organisations, il reste important d'investir dans des actions préventives durables, afin de réduire au minimum les comportements symptomatiques tels que la consommation d'alcool.

Quelques conseils :

1. Ne pas en faire un tabou

La consommation d'alcool est socialement acceptée et fait partie intégrante de notre société. Vous avez un collègue qui boit régulièrement un verre de trop ? Nous en plaisantons et nous fermons les yeux, jusqu'à ce que nous soyons confrontés aux conséquences néfastes.

Sensibilisez donc vos travailleurs aux risques de l'alcool pour leur propre santé et pour la sécurité sur le lieu de travail. Soyez également vigilant à la consommation dans votre entreprise par vos clients ou par des fournisseurs.

2. Mettre des limites

Sans accords clairs, il n’y a pas de politique. Prévoyez des règles non ambiguës qui sont claires pour chacun. Déterminez qui est responsable d'assurer la conformité, et soyez toujours cohérent. C'est la meilleure façon de prévenir les problèmes liés à l'alcool.

3. Détecter les signaux à temps

Les consommateurs à problèmes savent comment rester discrets. Parfois, ce sont même des collègues qui les protègent. Pourtant, pendant ce temps, les performances chutent et l'atmosphère se détériore.

Assurez-vous de reconnaître à temps les signes d'abus d'alcool. Utilisez un certain nombre de dispositions pratiques qui permettent à votre personnel de discuter de manière constructive.

4. Offrir de l'aide

Fournir un soutien approprié, et réorienter les travailleurs qui font face à ces problèmes.

Source : communiqué de presse Securex

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