Quelles mesures politiques ne sont pas du tout appréciées par les indépendants et les PME ?

Le SNI a soumis dix propositions (qui ne sont pas encore concrétisées) déposées en 2016 par des politiciens à 773 entrepreneurs. Si cela ne dépendait que du SNI, ces projets néfastes pour l’entreprenariat devraient être relégués au second plan. Deux propositions ont été massivement choisies par la Belgique entrepreneuriale : la proposition visant à obliger les entreprises à payer 10 pourcent des allocations de maladie de leurs travailleurs durant le deuxième et le septième mois d’incapacité de travail et le projet visant à réduire le temps de travail pour le même salaire. Apparemment, ce dernier devrait devenir réalité en Wallonie avec une introduction prévue dans l’IFAPME.

Les hommes et femmes politiques lancent sans cesse des propositions. Le SNI en a sélectionnées 10 qui ont été lancées en 2016 et qui sont défavorables pour les indépendants, professions libérales et PME. Ils ne pouvaient en choisir qu’une de la liste, comme un cadeau empoisonné qui a sa place sur un site de seconde main tel qu’eBay. Pour un tiers des 773 entrepreneurs interrogés, il est clair que la proposition de la ministre des Affaires Sociales, Maggie De Block (Open VLD), visant à obliger les entreprises à payer 10 pourcent des allocations d’incapacité de travail de leurs travailleurs entre le deuxième et le septième mois de maladie ou d’incapacité de travail ne peut pas être approuvée.

De plus, cette proposition ne touchera pas uniquement les entreprises mais s’attaquera aux personnes les plus vulnérables sur notre marché du travail. D’une enquête réalisée par le SNI en novembre, il ressortait que 58 pourcent des PME n’engageront plus ceux qui ont été ‘out’ durant un certain temps pour cause de maladie grave si la règle des 10 pourcent devenait réalité. Ceux qui sont régulièrement malades devront également payer la note. 55 pourcent des entreprises n’hésiteraient pas à mettre ces travailleurs à la porte si elles sont ‘surresponsabilisées’.

Une autre proposition qui a été rejetée par les entrepreneurs est relative à la réduction du temps de travail avec maintien du salaire, lancée notamment par le président du PS, Elio DI Rupo. Le gouvernement wallon a récemment annoncé qu’il allait mettre une phase de test en route auprès de l’IFAPME, qui emploie quelques 400 personnes. Même si la ministre wallonne de l’Emploi, Eliane Tillieux (PS) n’a pas encore fixé les modalités financières pour cette phase de test, les entrepreneurs ne croient clairement pas en une réduction du temps de travail et encore moins si le personnel devait conserver (une partie) du salaire pour les heures non prestées. Logique, estime le SNI. Un tel système de réduction du temps de travail, vu les charges salariales élevées dans notre pays, va gravement endommager notre économie. Une telle mesure n’est ni réalisable ni payable.

Les autres propositions qui ont été clairement rejetées, concernent l’introduction du prélèvement kilométrique pour tous les véhicules et l’introduction d’une taxation des plus-values, comme plaidé par le CD&V depuis des mois.

Un aperçu des 10 propositions et le pourcentage d’entrepreneurs qui ne veulent pas en entendre parler
 1. Les 10 pourcent que vous devez payer en tant qu’employeur entre le deuxième et le septième mois d’incapacité de travail de votre travailleur (en plus du premier mois de salaire garanti) : 32 %
 2. Faire travailler les travailleurs moins longtemps pour le même salaire : 25 %
 3. L’introduction du prélèvement kilométrique pour tous les véhicules et pas uniquement pour les camions comme c’est actuellement le cas : 14 %
 4. L’introduction d’une taxation des plus-value : 12 %
 5. Les cinq jours de formation obligatoires par travailleur et par année : 7 %
 6. L’introduction d’une régime fiscal favorable pour l’économie collaborative: les particuliers qui gagnent max. 5000 euros n’ont que 10 pourcent d’impôts à payer sur ce montant : 4 %
 7. Les Mystery calls que le gouvernement peut passer pour vérifier si vous ne discriminez pas en tant qu’employeur lors d’engagements : 2 %
 8. Obliger tous les employeurs à répondre à chaque sollicitation : 2 %
 9. L’octroi d’un numéro d’entreprise à chaque personne à partir de 18 ans : 1 %
 10. La possibilité de transférer des jours de congé en tant que travailleur à un collègue qui a un enfant grièvement malade : 1 %

Source : communiqué de presse Syndicat neutre pour indépendants

Publié 11-01-2017

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