Prêtez le personnel qui ne convient pas

Prêter du personnel : une bonne idée sur papier mais difficile à implémenter dans les petites entreprises

La N-VA propose qu’un travailleur puisse temporairement changer d’emploi si son emploi actuel ne lui convient pas ou parce qu’il souhaite apprendre autre chose. Cette mesure semble bonne en théorie mais, selon le SNI, dans la pratique, ce sera tout sauf simple à l’introduire dans les microentreprises et PME. « De plus, cette mesure aidera très peu à lutter contre la pénurie sur le marché du travail » affirme la présidente du SNI, Christine Mattheeuws. « Il faut d’abord se concentrer sur l’activation et la formation des demandeurs d’emploi ».

Actuellement, le prêt de personnel peut uniquement se faire via le travail intérimaire, dans un même groupe ou moyennant l’accord de l’inspection du travail et des syndicats. Jan Spooren, parlementaire fédéral N-VA, souhaite que cela devienne possible pour les travailleurs qui en ont, émotionnellement ou physiquement, marre de leur emploi ou parce qu’ils souhaitent se recycler. Le travailleur en question pourrait être prêté pendant une période de maximum deux ans (même si des prolongations sont possibles). Le ministre fédéral de l’Emploi, Kris Peeters (CD&V), prépare également un projet en ce sens.

Sur papier, cet élargissement semble être une bonne idée mais le SNI est convaincu que cette mesure sera difficilement applicable dans les microentreprises et petites PME. Dans les petites entreprises, les congés thématiques, crédits-temps, maladies de longue durée et travail à temps partiel sont déjà difficiles à combler, et encore plus à pallier temporairement avec certains pions. Dans les grandes entreprises et groupes, cette mesure peut certainement être une bonne solution mais dans les petites entreprises, d’un point de vue de pratique, elle sera difficile voire impossible à appliquer.

L’organisation des entrepreneurs indépendants ne pense pas que le prêt de travailleurs soit une solution adéquate pour lutter contre la pénurie sur le marché du travail. « Il est déjà très compliqué d’engager de nouveaux collaborateurs, les entreprises voudront donc absolument garder leur main d’œuvre » affirme Christine Mattheeuws, la présidente du SNI. Le SNI demande donc de mettre l’accent à 100 pourcent sur l’activation, la formation et le recyclage des quelques 350.000 chômeurs indemnisés de notre pays. Cette approche permettrait aux entreprises de trouver plus facilement des candidats pour combler les postes vacants.

Source : communiqué de presse Syndicat neutre pour indépendants

Publié 22-01-2018

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