Le budget de mobilité aura-t-il un impact sur la pollution des voitures de société ?

L’écologisation du parc automobile se fait attendre

Publié 25-03-2019

une voiture

9 voitures de société sur 10 (87,7 %) sont toujours des véhicules diesel. 1 voiture sur 10 roule à l’essence et la part des véhicules hybrides ne progresse que lentement. Les émissions moyennes de CO2 des voitures de société ont bel et bien baissé de 2,2 % en 2 ans. On observe une tendance à des véhicules moins polluants, mais l’écologisation véritable se fait encore attendre. C’est ce qui ressort des chiffres d’une enquête du secrétariat social du prestataire de services RH Securex auprès de 39.566 travailleurs.

Quel type de voiture de société est en circulation au 1er janvier 2019 ?

Près de 9 voitures de société sur 10 sont des véhicules diesel, en dépit d’une régression de 93,4 % en 2017 à 87,7 % en 2019.

Le nombre de voitures de société à l’essence et au gaz augmente, tout comme les véhicules électriques et hybrides. Au 1er janvier 2019, 1 voiture de société sur 10 roulait à l’essence, soit près du double par rapport à 2017 (de 5,7 % en 2017 à 10,1 % en 2019). La part des voitures électriques est encore limitée, mais elle double néanmoins pour passer de 0,1 % à 0,2 % en deux ans. Nous observons la même progression pour les voitures hybrides, qui passent de 0,8 % à 1,7 % (+121 %). Le nombre de voitures au gaz (LPG 0,07 %, CNG 0,18 %) reste bas.

Légère diminution des émissions de CO2

Nous observons une légère tendance à des voitures moins polluantes. Les émissions moyennes de CO2 des voitures de société ont diminué de 2,2 %, ces 2 dernières années, passant de 114,4g/km en 2017 à 112g/km en 2019. La plus forte diminution a été enregistrée entre 2017 et 2018 (-1,9 %). La part des voitures fortement polluantes y a reculé de 33,1 % (2017) à 27,5 % (2019). La part des voitures moyennement polluantes a augmenté de 22,2 % à 27 % et la part de voitures faiblement polluantes est passée de 38,1 % (2017) à 41,6 % en 2018, avant de baisser à nouveau légèrement à 40,8 % en 2019.

Iris Tolpe, Director Business Consultancy : « Nous observons que les émissions de CO2 n’ont d’une manière générale baissé que de 2 % en l’espace de 2 ans et que les voitures écologiques restent un phénomène marginal. Le diesel reste roi et le marché du travail n’est clairement pas prêt pour « passer au vert ». D’une part, aujourd’hui, les employeurs ne semblent guère se soucier de l’écologisation de leur flotte (notamment dans le cadre de la rétention) et, d’autre part, les travailleurs optent encore très souvent pour une voiture au diesel. Les règles du jeu fiscales n’ont donc que peu d’impact sur le choix de la voiture de société et le travailleur belge ne semble pas vraiment avoir cure de quelques euros de plus ou de moins dans l’avantage de toute nature. Reste à savoir quel sera l’impact du budget mobilité. »

Hermina Van Coillie, HR Research Expert : « La voiture qu’un travailleur peut choisir dépend des possibilités que lui offre l’entreprise et de sa fonction au sein de celle-ci. L’âge d’un travailleur est lié à son ancienneté et souvent aussi à une position plus élevée dans l’entreprise. Plus la fonction est élevée, plus la liste des possibilités est large, et elle comprend souvent des voitures de société électriques et hybrides. Les voitures hybrides et électriques appartiennent à la catégorie des voitures plus chères, mais il y en a tellement peu en circulation que leur impact sur les émissions moyennes de CO2 demeure limité. »

Tim Blanckaert, Mobility Expert : « Plusieurs raisons peuvent expliquer le faible nombre de voitures écologiques. Le manque de soutien aux employeurs, l’absence de bornes de chargement, les sociétés de leasing qui se tâtent encore, les prix catalogues élevés et peu de clarté encore sur la valeur de revente de ces véhicules, du fait de l’évolution des voitures électriques. »

Le budget mobilité peut-il influer sur le choix ?

Peut-être le budget mobilité peut-il contribuer à l’écologisation du parc de véhicules. Sur la base de cette mesure, les travailleurs peuvent en effet échanger leur voiture de société contre un budget mobilité, qu’ils pourront ensuite consacrer à un seul ou à une combinaison de moyens de transport, par exemple une voiture de société écologique (électrique). De cette manière, le budget mobilité pourrait donc apporter sa pierre à l’édifice d’un parc de voitures plus respectueuses de l’environnement.

Mais le budget mobilité va encore plus loin. Outre une écologisation des voitures de société, le gouvernement ambitionne également, à travers cette mesure, de stimuler l’utilisation de « moyens de transport alternatifs et durables ». Le travailleur peut notamment opter pour une mobilité douce (vélo, trottinette, vélomoteur…), mais également pour les transports publics et les solutions de partage (voitures et vélos partagés…). S'il reste encore du budget après le choix d'une voiture de société respectueuse de l'environnement ou d'un moyen de transport alternatif, ce solde sera payé une fois par an (exonéré de précompte professionnel, mais il sera néanmoins soumis socialement à une cotisation de 38,07 %).

Source : communiqué de presse Securex

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