Bonne résolution 2020 : il faut bouger au travail

Avec la nouvelle année en vue, il est temps de prendre de bonnes résolutions.

Publié 08-01-2020

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Pour beaucoup, « faire plus d’exercice » pourrait arriver en tête de la liste, car seulement 29,8 % des travailleurs belges affirment en faire suffisamment. Les hommes (33 %) s’en sortent légèrement mieux que les femmes (25,5 %). Ces chiffres ressortent d’un rapport du Groupe IDEWE, le plus grand service externe pour la prévention et la protection au travail.
Dans le cadre de cette enquête, les données médicales de plus de 230 000 travailleurs ont été étudiées. Bonne nouvelle toutefois, le nombre de travailleurs qui ne font pas suffisamment d’exercice diminue constamment : de 75,5 % en 2011 à 70,2 % l’année dernière.

Nous sommes trop souvent assis et nous bougeons trop peu. L’Organisation mondiale de la santé recommande une activité physique modérée au moins cinq jours par semaine pendant une demi-heure (ex. : marcher d’un bon pas ou faire du vélo à moins de 20 km/h) ou une activité physique intensive trois jours par semaine pendant un peu moins d’une demi-heure (ex. : faire du vélo à plus de 20 km/h ou courir).
Pas moins de 70,2 % des travailleurs belges ne respectent pas cette directive. Plus nous vieillissons, moins nous bougeons : 73 % des plus de 45 ans n’atteignent pas la norme en matière d’activité physique, contre 63,8 % des travailleurs de moins de 25 ans.

L’ENSEIGNEMENT ET LES AUTORITÉS EN TÊTE DES RÉSULTATS

Pour les besoins de l’étude, seule l’activité physique en dehors du travail a été prise en compte. Cela explique en partie pourquoi les travailleurs de l’horeca obtiennent les moins bons résultats. Ils marchent déjà beaucoup dans leur travail quotidien. Des progrès restent à faire dans les secteurs du transport et du commerce, où respectivement 74,9 % et 73,3 % des travailleurs ne font pas assez d’exercice. Les autorités et l’enseignement obtiennent les meilleurs résultats.

Travailleurs qui pratiquent moins de 150 minutes d’activité physique par secteur :
Horeca (76,4 %)
Transport (74,9 %)
Commerce (73,3 %)
Construction (73,1 %)
Services (71,9 %)
Santé (71,4 %)
Industrie (68,6 %)
Enseignement (66,7 %)
Autorités (63 %)

Lode Godderis, directeur du service Knowledge, Information & Research du Groupe IDEWE, commente les résultats de l’enquête : « Une activité physique insuffisante nuit à la santé. Ceux qui font suffisamment d’exercice présentent un risque moindre de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de surpoids et de diabète. Le sport renforce les muscles et les os, réduit le stress et peut améliorer la qualité du sommeil. Raison de plus pour mettre “faire plus d’exercice” en tête de votre liste de bonnes résolutions ! »

NOUS SOMMES DE PLUS EN PLUS GROS : PLUS DE LA MOITIÉ DES TRAVAILLEURS SONT EN SURPOIDS

Le surpoids est l’une des conséquences d’une activité physique insuffisante. Pas moins de 55,4 % des travailleurs belges sont en surpoids. Près d’un travailleur sur cinq (19,3 %) a même un IMC supérieur à 30 et est donc obèse. Un fait inquiétant est que le nombre de travailleurs en surpoids ne cesse d’augmenter. Le nombre de travailleurs en surpoids était presque 1 % plus bas (54,6 %) en 2018 et « seulement » de 51,4 % en 2011.

QUELLE EST LA PROFESSION LA PLUS « LOURDE » ?

Les hommes (61,2 %) se retrouvent plus souvent dans la catégorie « surpoids » que les femmes (47,5 %), et leur nombre augmente aussi plus rapidement. Sur une période de 7 ans, il y a eu 3,5 % d’hommes en surpoids en plus, contre 2,9 % pour les femmes. Les kilos superflus augmentent avec l’âge : 35 % des moins de 25 ans, 46,1 % entre 25 et 34 ans, et 64,5 % des plus de 55 ans.

Les différences par secteur sont frappantes : dans l’enseignement, près de la moitié des travailleurs souffrent de surpoids (48,8 %), tandis que dans le secteur du transport, plus de 7 travailleurs sur 10 (71,6 %) ont un IMC égal ou supérieur à 25. Les secteurs de la construction et de l’industrie suivent avec respectivement 62,3 % et 59,9 %. Des chiffres peu étonnants, compte tenu du fait que ces secteurs comportent plus d’hommes que de femmes. Néanmoins, il ressort de cette enquête que l’âge et le sexe n’expliquent pas à eux seuls ces grandes différences : le secteur joue également un rôle.

Les secteurs suivants sont les plus touchés par le surpoids et l’obésité :
Transport : 71,6 %
Construction : 62,3 %
Industrie : 59,9 %
Autorités : 58 %
Commerce : 54,7 %
Services : 52,9 %
Horeca : 50 %
Santé : 49,1 %
Enseignement : 48,8 %

On retrouve le pourcentage le plus élevé de travailleurs obèses (IMC ≥ 30) dans le secteur du transport (30,4 %), où au moins un homme de plus de 45 ans sur trois est obèse (35,6 %). « L’obésité présente de sérieux risques pour la santé. Étant donné que le secteur détermine en partie notre surpoids et la fréquence de notre activité physique, davantage d’actions sont nécessaires dans chaque secteur. Il est important que ces actions soient amusantes et accessibles. De plus, ces actions doivent être menées tant par les travailleurs que par les employeurs. Ces derniers ont aussi tout à gagner d’un personnel en forme : cela rend les travailleurs plus productifs et réduit l’absentéisme », conclut Lode Godderis.

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