Bientôt plus de conjoints aidants ?

Le nombre de conjoints aidants a diminué de 22 % ces cinq dernières années selon une analyse du SNI sur base des chiffres de l’INASTI, l’Institut National d’Assurances Sociales pour Travailleurs Indépendants. À la fin du troisième trimestres 2015, il y avait 3.564 conjoints-aidants et 26.275 conjointes-aidantes en Belgique. « Le statut disparaît doucement et c’est logique », estime la présidente du SNI, Christine Mattheeuws. « Quand les femmes souhaitent se lancer dans l’entreprenariat, avec ou sans leur conjoint, elles optent souvent pour l’entreprenariat classique. Elles doivent donc payer plus de cotisations mais obtiennent aussi plus de droits. » L’organisation des entrepreneurs indépendants souhaite que plus de femmes se lancent dans l’entreprenariat à temps plein. Quelques mesures, qui entreront en vigueur grâce au SNI début 2017, devraient y aider.

Ces cinq dernières années, le nombre de conjoints-aidants, qui est un statut qui a toujours été minoritaire, et le nombre de conjointes-aidantes a baissé de 22 %. Cette baisse a été plus marquante du côté des conjointes-aidantes (moins 23,4 %) que du côté des conjoints-aidants (moins 7 %).

Pourtant, depuis 2003, les conjoint(e)s-aidant(e)s sont assurés en cas d’incapacité de travail, d’invalidité ou de congé de maternité. Depuis 2005, ils ont aussi des droits au niveau de la pension, des allocations familiales et des soins de santé. Pourtant, le statut n’est pas attirant même s’ils doivent payer moins de cotisations minimales qu’un indépendant à titre principal.

La présidente du SNI, Christine Mattheeuws : « Cette forte baisse du nombre de conjointes-aidantes est en grande partie due au fait que les femmes, plus que jamais, veulent se lancer seules et ne plus rester dans le sillage de leur homme. Quand un homme et une femme voudront lancer une société ensemble, ils optent généralement tous deux pour le statut d’indépendant à titre principal. C’est compréhensible notamment parce que plus de relations se terminent par une rupture ou une séparation.

Ces dernières années, des tentatives ont été réalisées pour améliorer le statut de conjoint(e)s-aidant(e)s, comme la proposition visant à leur permettre d’exercer une activité indépendante sans perdre le bénéfice du statut de conjoint-aidant à condition que les revenus provenant de l’activité d’indépendant n’excèdent pas 3.000 €. Pour le SNI, cette modification n’est pas nécessaire notamment parce que le statut social des femmes entrepreneurs va radicalement changer à partir du 1er janvier 2017. Dès le début de l’année prochaine, il y aura un statut légal permettant aux pensionné(e)s et aux étudiant(e)s d’aider les femmes entrepreneurs au niveau familial, le congé de maternité va également être allongé et passera de 8 à 12 semaines, ensuite les indépendantes bénéficieront d’une exonération du paiement des cotisations sociales durant le congé de maternité et l’octroi de 105 titres-services auxquelles elles ont droit après avoir accouché sera semi-automatique. « Nous voulons avant tout que plus de femmes optent pour l’entreprenariat à temps plein et ces mesures les y aideront certainement », ajoute encore la présidente du SNI, Christine Mattheeuws.

Source : communiqué de presse Syndicat neutre pour indépendants

Publié 18-05-2016

  92