7 employeurs sur 10 sont forcés d’augmenter leur budget de recrutement

Le marché du travail manque clairement de candidats offrant la juste combinaison de compétences et de personnalité. Dans le même temps, la demande en talents ne fait que croître. Dans ce contexte, les futures recrues disposant des bonnes qualifications et aptitudes peuvent et osent exiger un salaire toujours plus élevé lors de l’entretien d’embauche. C’est ce qui ressort d’une étude du bureau de recrutement spécialisé Robert Half. 

Publié 27-12-2018

rémunération

Lors d’un entretien d’embauche, la compétitivité sur le marché du travail oblige les employeurs à revoir à la hausse leur proposition salariale initiale. C’est à cette condition qu’ils peuvent garantir le recrutement du candidat recherché. Pas moins de 7 responsables du recrutement sur 10 ont ainsi dû augmenter le budget qu’ils avaient prévu pour un recrutement en particulier. 

« Les employeurs sont surtout enclins à offrir davantage à un candidat qui allie parfaitement des compétences techniques et sociales avec une bonne connaissance des langues et une expérience dans le secteur », explique Joël Poilvache, Director chez Robert Half. « La correspondance du profil avec la culture d’entreprise est tout aussi importante. Une personne qui véhicule les valeurs et les normes de l’entreprise est précieuse. »

Sentiment d’équité

Lors des négociations relatives à un salaire de base (plus élevé), le candidat mettra d’abord en avant le sentiment d’équité. En effet, 60 % des employés belges citent l’équité et la transparence parmi les principaux facteurs de leur bien-être au travail. Pour eux, il est important de savoir qu’ils gagnent la même chose que d’autres personnes occupant des fonctions similaires. Il convient donc, pour les employeurs, de proposer un salaire qui correspond à – ou approche – celui d’autres entreprises de la région et du secteur. 

« Les employeurs ont souvent l’habitude de faire une proposition plus basse afin de se laisser une marge en cas de négociation à la hausse avec le candidat. Dans le contexte de marché actuel, c’est assez contre-productif : le candidat a l’impression de ne pas être évalué à sa juste valeur. Cela concerne d’ailleurs aussi bien les emplois fixes que les missions d’intérim », confirme Joël Poilvache. « Les entreprises qui font d’emblée une proposition salariale compétitive et bien ficelée seront mieux perçues par les candidats qui sont de plus conscients de leur valeur sur le marché. Elles disposeront de la sorte d’un avantage concurrentiel par rapport à d’autres entreprises dans le cadre de la ‘guerre des talents’. »

Dans le contexte de cette ‘guerre des talents’, les employeurs doivent en outre être toujours plus créatifs pour convaincre et conserver les bons collaborateurs. Ils doivent ainsi rester à leur écoute et bien comprendre les véritables souhaits des candidats. Comme le rappelle Joël Poilvache, tout n’est pas qu’une question d’argent : « Il ne faut pas perdre de vue les conditions de travail dites ‘secondaires’. Les professionnels hautement qualifiés n’attendent pas uniquement un salaire de base qui correspond à celui que d’autres entreprises pourraient leur offrir : ils veulent pouvoir choisir entre des avantages extralégaux, des incitants ou d’autres avantages. Un plan de rémunération flexible, qui donne la possibilité au collaborateur de composer lui-même son paquet salarial, constitue la meilleure manière d’augmenter la satisfaction des employés, sans impact budgétaire. »

Des salaires plus élevés grâce au second tax-shift

En 2018, de nombreux Belges ont déjà vu les effets du tax-shift sur leur fiche de salaire. Ce sera également le cas en 2019, où ils profiteront du dernier volet de ces mesures visant à augmenter le pouvoir d’achat. Le bonus à l’emploi fiscal va ainsi augmenter, la distinction entre les bases ordinaire et majorée de la quotité exemptée va disparaître et une plus grande part des revenus sera assujettie à un taux d’imposition plus faible.

4 conseils de Joël Poilvache pour obtenir un salaire plus élevé lors d’un entretien d’embauche :

  1. Préparez-vous pour l’entretien : en fonction de votre expérience utile, vous devez avoir une bonne idée du salaire auquel vous pouvez prétendre et auquel vous pouvez vous attendre. Ne vous arrêtez pas au salaire brut, examinez également les avantages complémentaires. 
  2. Soyez fier de votre parcours : avant l’entretien, réfléchissez comment l’expérience et les connaissances que vous avez acquises peuvent bénéficier à la fonction que vous visez. Préparez-vous en faisant la liste de tout ce qui pourrait justifier un salaire plus élevé. Quel rôle essentiel pourriez-vous jouer dans l’organisation ? Quelles responsabilités pourriez-vous prendre au niveau de l’équipe ? Quel est votre palmarès ? Mettez vos réponses sur papier : vous pourrez ainsi négocier et argumenter en toute confiance en vue d’obtenir un salaire plus important. Ayez confiance en vous : cela se sent et fait impression. 
  3. Restez réaliste au niveau de vos attentes : lors de l’entretien d’embauche, ne vous laissez pas désarçonner par un salaire de base qui serait plus faible qu’espéré. En effet, celui-ci sera peut-être compensé par une série de conditions de travail secondaires attractives. Les possibilités de développement au sein de l’entreprise sont peut-être importantes. La garantie d’opportunités de carrière régulières vaut plus qu’un salaire de base plus élevé sans possibilité de croissance.
  4. Discutez des alternatives : que faire si un salaire plus élevé n’est pas de mise ? Proposez vous-même quelques alternatives, comme un horaire de travail flexible, du temps pour suivre une formation ou une autre forme de rémunération flexible. Soyez toujours aimable et veillez à votre bonne réputation.

    Source : communiqué de presse Robert Half
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