4 employés sur 5 ont reçu en moyenne 22,6 euros en plus durant la première moitié de l’année

4 employés sur 5 ont reçu en moyenne 22,6 euros en plus sur leur salaire durant la première moitié de l’année. Les entreprises de plus grande taille et les entreprises bruxelloises sont les plus généreuses. Les travailleurs ayant le plus d’ancienneté sont les moins stimulés financièrement. 13 % des employés ont reçu une augmentation salariale plus élevée, pour un montant moyen de 142 à 623 euros, à la suite d’une promotion ou d’un élargissement de leur fonction. C’est ce qui ressort d’une étude du prestataire de services RH ACERTA des salaires des employés dans le secteur tertiaire pour la période de janvier à août 2018.

Publié 15-10-2018

un pot qui perd de l'argent

Augmentation salariale pour les employés janvier – août 2018

Il existe trois types d’augmentations salariales : l’indexation des salaires, les augmentations salariales générales convenues au niveau du secteur ou de l’entreprise et les autres augmentations salariales. Cette dernière forme d’augmentation salariale est aussi appelée « dérive salariale ».

Dans le cas d’une dérive salariale pour des travailleurs individuels où le salaire augmente en dehors d’une indexation ou d’une augmentation générale du pouvoir d’achat, il peut y avoir différentes raisons : le travailleur reçoit une augmentation salariale à la suite de son ancienneté ou des bons résultats de l’entreprise ou sa fonction s'élargit, entraînant une augmentation salariale ou il est promu à une nouvelle fonction à laquelle est lié un salaire plus élevé.

ACERTA a étudié les données salariales d’un échantillon de 24 000 employés de la Commission paritaire auxiliaire pour employés (CP 200). Durant la période de janvier à août 2018, cette commission paritaire n’a pas connu d’indexation ou d’augmentation sectorielle. Pour 80 % des employés interrogés, la dérive salariale maximale s’élevait au maximum à 1 % de leur salaire durant ces 6 mois. Le montant moyen de l’augmentation salariale à la suite d’une dérive salariale revient à 22,6 euros pour cette population. 13 % des employés ont reçu une augmentation salariale plus élevée, pour un montant moyen de 142 à 623 euros, à la suite d’une promotion ou d’un élargissement de leur fonction.

Pas de dérive salariale à la suite de l’augmentation d’ancienneté

La plupart des employeurs effectuent un entretien d’évaluation annuel avec leurs travailleurs. En cas d’évaluation positive, cet entretien se solde souvent par une augmentation salariale. Étant donné que de cette manière le salaire augmente chaque année, nous parlons également d’augmentation d’ancienneté. Une précédente étude d’ACERTA a calculé que l’augmentation d’ancienneté moyenne peut être estimée à 1,4 %. Au sein de la Commission paritaire auxiliaire pour employés étudiée, l’augmentation d’ancienneté annuelle pour les barèmes minimaux varie entre 0,30 % et près de 2 % en fonction de l’ancienneté et de la classe de fonction.

Olivier Marcq, juriste: « Lorsque nous regardons la répartition des augmentations, nous pouvons établir que les augmentations allant de 0 à 5 % (donc près de 90 % des augmentations attribuées à la population d’employés étudiée) sont en très grande partie imputable à l’augmentation d’ancienneté annuelle."

8,34 % des employés ont reçu une augmentation salariale supérieure à 5 %. Ils arrivent donc au-dessus de l’augmentation qui peut être expliquée par l’augmentation d’ancienneté. Les raisons d’une telle augmentation peuvent être : une promotion ou un développement dans la fonction.

Olivier Marcq déclare : « Ces chiffres sont aussi rassurants. Les entreprises semblent contrôler l’augmentation de leurs coûts salariaux, malgré la pénurie sur le marché de l’emploi. La demande croissante de métiers rares semble dans l’immédiat ne pas avoir pour effet que les entreprises doivent de manière générale proposer de grosses augmentations salariales à leurs travailleurs pour les garder dans leurs troupes. L’introduction de plans cafétéria dans les entreprises pour lesquels le travailleur peut faire des choix au sein de frais salariaux donnés parmi différents éléments de rémunération sur la base de ses besoins est certainement aussi un instrument servant à maintenir le contrôle sur la pression salariale. Au final, nous pouvons prudemment émettre la conclusion, sur la base de ces chiffres, que les entreprises respectent la marge des coûts salariaux dont elles disposent pour les augmentations salariales. »

Bruxelles et les entreprises de plus grande taille plus généreuses

Dans la Région de Bruxelles-Capitale, le pourcentage d’employés qui n’ont pas reçu d’augmentation salariale ou une augmentation minimale est le plus bas et le pourcentage d’employés avec la plus haute augmentation salariale est le plus élevé.
Si nous regardons la taille de l’entreprise, nous ne voyons pas beaucoup de différences, si ce n’est que dans les entreprises de 50 travailleurs ou plus le pourcentage qui a reçu une augmentation variant entre 1 et 5 % est plus élevé que dans les plus petites entreprises. Nous pourrions en conclure que l’augmentation salariale annuelle en conséquence de l’ancienneté y est un peu plus grande que dans les plus petites entreprises.

Importante croissance salariale les premières années, peu d’incitants financiers après plusieurs années d’ancienneté

Les chiffres concernant les augmentations salariales ne sont pas très motivants pour les travailleurs ayant beaucoup d’années d’ancienneté. Ils sont les plus nombreux à ne pas avoir reçu d’augmentation et les moins nombreux à avoir vu leur salaire augmenter plus que la moyenne. Olivier Marcq déclare : « Il y a assurément encore des opportunités pour les employeurs ici. Il semblerait en tout cas qu’ils réservent plutôt les promotions et l’évolution dans la fonction pour les personnes ayant moins d’ancienneté. Ce n’est pas mal en soi qu’ils reçoivent ces opportunités, mais il est faux de croire que les travailleurs avec plus d’ancienneté ne peuvent pas continuer à évoluer dans leur fonction ou vers une nouvelle fonction. Ce serait dommage de laisser de côté ce talent, de simplement laisser ces personnes faire le même travail et de ne plus les prendre en compte pour de nouvelles fonctions. »

Il ressort de l’étude que les travailleurs ayant plus d’ancienneté bénéficient moins d’augmentations salariales qui peuvent être attribuées sur la base de l’ancienneté que les autres travailleurs. Olivier Marcq déclare : « En fait, il s’agit plutôt d’une bonne nouvelle. L’addition des années ne devrait pas se traduire par une augmentation annuelle systématique continue du salaire. La plus-value du travailleur n’est pas aussi graduelle. Cela ne veut néanmoins pas dire que les employeurs et les travailleurs doivent arrêter de croire en l’évolution personnelle et celle-ci mérite bien une augmentation. »

Source : communiqué de presse Acerta

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