38 % des femmes entrepreneures belges ont envisagé l’an dernier de mettre un terme à leur activité

C’est surtout la faible pension qu’elles percevront plus tard qui inquiète les femmes entrepreneures

Publié 22-07-2019

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Un entrepreneur sur trois seulement ayant créé sa propre entreprise en Belgique est une femme. Dans le cadre d’une étude à grande échelle, l’assureur-vie NN, avec le soutien du SNI, a interrogé des femmes belges au sujet des motivations, des difficultés et des avantages de l’entrepreneuriat. Qu’en ressort-il ? Sur les 218 172 femmes indépendantes dans notre pays, 38 % ont envisagé, au cours des 12 derniers mois, de mettre un terme à leur activité d’indépendante. Malgré une pression importante du travail, les femmes indépendantes s’inquiètent surtout de la faible pension qu’elles percevront plus tard et de l’incertitude financière actuelle.

Ainsi près de 7 femmes entrepreneures sur 10 estiment qu’il est difficile de s’en sortir financièrement pendant le congé de maternité. Pour stimuler l’entrepreneuriat au féminin, il faudrait, selon NN et le SNI, un meilleur statut social avec essentiellement une pension équivalente à celle des salariés et un meilleur équilibre entre travail et famille avec une offre plus large et plus flexible en matière d’accueil des jeunes enfants. Le SNI souligne également l’importance d’une indemnité d’arrêt à part entière, car les chiffres indiquent que 33 % des femmes âgées de 20 à 49 ans ne veulent pas devenir indépendantes en raison du risque financier qu’elles courent si les choses tournent mal.

Les femmes indépendantes s’inquiètent de la faible pension qu’elles percevront plus tard

Ce n’est pas la forte pression au travail qui inquiète le plus les femmes indépendantes, mais la faible pension qu’elles percevront à l’âge de la retraite. 40 % des femmes entrepreneures rencontrent essentiellement des difficultés avec cette incertitude financière qu’elles pourraient connaître dans le futur.

La pension moyenne d’une femme indépendante est aujourd’hui de 331,87 euros. Elle reste inférieure à celle des hommes entrepreneurs, pour qui la pension moyenne d’indépendant s’élève à 1087,63 euros. Une femme entrepreneure gagne aujourd’hui encore 30 % de moins que son homologue masculin. En revanche, les femmes optent plus souvent pour le statut d’indépendant dans le cadre d’une activité secondaire. De plus, 25 % ont du mal avec la possible perte de revenus et les conséquences qui y sont liées suite à une maladie, une inaptitude au travail ou un décès, pour elles-mêmes et leur famille. Pour 24 %, les fluctuations des revenus posent problème.

« Il n’y a jamais eu aussi peu de femmes starters qu’aujourd’hui. En outre, 38 % envisagent de mettre un terme à leur activité d’indépendante. Pour la plupart des femmes entrepreneures, ce n’est pas en premier lieu la pression au travail ou le nombre réduit de jours de vacances qui est à l’origine de cette réaction, mais bien l’insécurité financière actuelle et future. Aujourd’hui, les femmes indépendantes ne peuvent plus compter que sur elles-mêmes pour faire de leur pension une pension viable. Pour encourager les femmes à devenir indépendantes dans notre pays, il y a clairement du pain sur la planche pour améliorer leur statut social. Il n’y a absolument aucune raison à ce que les femmes entrepreneures n’aient pas droit, au terme de leur carrière, à une pension décente. » (Jan Van Autreve, CEO de l’assureur-vie NN)

« Le SNI met trois exigences sur la table pour attirer davantage de femmes entrepreneures et pour mieux soutenir celles qui sont déjà actives. Un meilleur régime de pension : la pension moyenne d’une femme indépendante n’équivaut pas encore à un tiers de celle des hommes. Les pensions des femmes entrepreneures doivent donc impérativement être augmentées. Une indemnité d’arrêt à part entière : de nombreuses femmes non indépendantes ont peur d’échouer, ce qui les freine à sauter le pas pour devenir indépendante. Un accueil des jeunes enfants plus flexible : l’offre de crèches où les femmes indépendantes peuvent déposer ou reprendre leurs enfants avant ou après les heures de bureau est trop faible. Ce qui génère un stress inutile et des frustrations. » (Christine Mattheeuws, présidente du SNI)

68 % des femmes entrepreneures s’en sortent plus ou moins difficilement pendant leur congé de maternité

Même si les femmes entrepreneures peuvent prendre 12 semaines de congé de maternité, il ressort de l’étude de NN que ces femmes doivent être rapidement à nouveau disponibles pour leur travail.

Les femmes entrepreneures doivent continuer à répondre aux e-mails et rester présentes sur les réseaux sociaux pendant leur congé de maternité. Pas moins de 82 % des femmes indépendantes restent actives pour leur entreprise durant cette période.

Près de 7 femmes entrepreneures belges sur 10 s’en sortent plus ou moins difficilement sur le plan financier pendant leur congé de maternité (68 %). De très nombreuses femmes mettent volontairement de l’argent de côté avant leur accouchement : 3 femmes sur 10 épargnent pour s’en sortir durant leur congé de maternité.

Débuts difficiles, mais la liberté et la réalisation de ses rêves comme atouts majeurs

30 % des femmes belges, âgées de 20 à 49 ans, poursuivent le rêve de devenir indépendantes2. Pourtant, beaucoup d’entre elles ne le concrétisent pas. Les considérations et l’insécurité financières ainsi que la perte de protection sociale empêchent un grand nombre de femmes de s’engager dans cette voie. 43 % des femmes entrepreneures ont un peu hésité avant de franchir le pas. La liberté d’être son propre patron, le défi à relever et la réalisation d’un rêve constituent les principales raisons qui les décident.

Par ailleurs, les premières années s’avèrent difficiles, pour les femmes entrepreneures. 38 % d’entre elles admettent rencontrer des problèmes financiers ou avoir du mal à boucler leur budget au cours de cette période. Mais lorsque ces débuts laborieux sont terminés, l’entrepreneuriat offre aussi des avantages évidents. Avec le recul, 61 % d’entre elles sont contentes d’avoir pris cette décision.

Un meilleur statut social pour les indépendants

Malheureusement, la proportion de femmes entrepreneures n’est pas équilibrée par rapport à l’ensemble des femmes. Si nous voulons encourager ces dernières à se lancer dans l’entrepreneuriat, il faut instaurer une meilleure politique sociale. Une pension décente, une offre plus large et plus flexible d’accueil des jeunes enfants et un congé de maternité plus long sont les principaux éléments qui peuvent inverser le courant.
Jan Van Autreve, CEO de NN, appelle à un climat plus favorable à l’entrepreneuriat pour les femmes, mais aussi pour les indépendants en général : « Un quart des femmes ayant une activité indépendante choisissent ce statut parce que le secteur dans lequel elles exercent cette activité, l’exige. Il s’agit d’une tendance qui est observée dans différents secteurs, comme ceux de la construction, de la communication et de l’immobilier. Si vous voulez y travailler, vous devez devenir indépendant. Par conséquent, cette catégorie de travailleurs croît en Belgique. En tant que partenaire des indépendants, NN veut aborder cette évolution et inciter les responsables politiques à protéger socialement cette catégorie qui ne cesse de grandir. »

Source : communiqué de presse Syndicat neutre pour indépendants

Socialeye

Les commentaires approfondis sur les droits sociaux des femmes sont repris sur Socialeye.

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