Un Incubateur pour Avocats.be

L’Incubateur d’Avocats.be est né à la fin de l'année judiciaire. Ce projet, porté par de jeunes avocats, a pour objectif de placer l’avocat au cœur de l’innovation.

Publié 20-10-2017

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Les membres du comité de l'Incubateur sont, de gauche à droite: Alexiane Wyns, Essya Kastally, Adrien van den Branden, Naël El Berkani, Florian Ernotte et Julie Neuray.

Le digital est un phénomène irrésistible qui transforme tous les secteurs de la société. La profession d’avocat n’est pas épargnée par la révolution numérique. En Belgique, trop peu sont les avocats qui sont sensibilisés par rapport aux profondes implications que le digital entraîne sur leur métier. Le digital étant méconnu des avocats, l'innovation est souvent perçue comme une menace provenant de l’extérieur de la profession. À leur tour, les clients et la population en général perçoivent les avocats comme un corps de métier réfractaire au changement, qu'il semble vouloir combattre au nom de ses seules prérogatives.

Face à ces multiples défis, une initiative a vu le jour à la fin de l’année judiciaire : l’Incubateur d’Avocats.be. Ce projet, porté par notre équipe principalement composée de jeunes avocats, a pour objectif de placer l’avocat au cœur de l’innovation.

Pour ce faire, l’Incubateur s’est vu attribuer les missions suivantes :

1) diffuser la connaissance parmi les avocats ;

2) promouvoir l’innovation au sein de la profession ;

3) partager l’information au monde extérieur.

L’idée est de transformer les mentalités pour que les avocats découvrent les opportunités créées par la vague du digital plutôt que de se focaliser sur les menaces perçues comme étant créées par ce bouleversement.

L’Incubateur est né des soubresauts de la conférence ‘Electrochoc Numérique’ qui a eu lieu l’année passée. De cette conférence ont émergé plusieurs idées, donc celle de créer un Incubateur pour Avocats.be, sur le modèle d’initiatives similaires qui ont vu le jour en France notamment.

 

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Les missions de l’Incubateur se traduisent concrètement par la mise en oeuvre d'un certain nombre de projets.

Tout d’abord, les membres de l'Incubateur auront un rôle actif dans le cadre de la prochaine conférence ‘Electrochoc Numérique 2’, journée d'information et de réflexion sur la révolution numérique et la transformation de l'avocat. C'est à cette occasion qu'aura lieu la première édition de la cérémonie de remise des Prix de l’innovation. Des projets innovants dans le domaine du droit seront récompensés, aussi bien dans la catégorie « LegalTech » que dans la catégorie « Avocat ». Les candidatures seront clôturés le 23 octobre à minuit. Un jury indépendant sélectionnera 3 projets finalistes par catégorie. Ces finalistes seront ensuite invités à participer à une séance de « pitchs ». Les noms des lauréats du Prix de l'innovation seront dévoilés à l’occasion d'un cocktail dînatoire dans la salle de réception de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) à Bruxelles, le 14 décembre, à 17h45, en conclusion de l'Electrochoc (NDLR : voir annonce p. 8). Nous espérons créer une véritable dynamique d’innovation au sein du marché juridique belge et accompagner le développement de projets innovants dans le domaine du droit.

Au début de l’année 2018, nous mettrons sur pied une conférence sur un thème lié à l’innovation. Nous pensons à un thème tel que les nouveaux business modèles du droit ou l’intelligence artificielle appliquée au droit. L’objectif est d’informer les avocats sur les évolutions majeures qui impactent aujourd’hui leur profession. Nous espérons à cette occasion démontrer aux avocats que des outils existent dès aujourd’hui pour faire rentrer leur pratique dans cette mouvance du digital.

A côté de ces évènements, où nous espérons voir affluer le plus de monde possible, nous développerons un certain nombre d’initiatives innovantes. Par exemple, nous réfléchissons à définir la meilleure approche pour accompagner un développement harmonieux des LegalTech. La plupart des cabinets d’avocats seront amenés, dans un futur proche, à intégrer les services d’une LegalTech. Une idée circule quant à l’élaboration d’une charte éthique à destination des nouveaux acteurs du droit. L’objectif serait d’inviter les entreprises LegalTech à prendre un certain nombre d’engagements tirés de la déontologie et adaptés à la réalité des relations entre ces entreprises et les justiciables ou entre ces entreprises et les avocats (par exemple, en matière de conflits d’intérêts, de confidentialité, de rétrocession d’honoraires, etc.). Nous réfléchissons également à l’élaboration de fiches pratiques ou à des lignes directrices pour aider, de manière pratique, les avocats à se poser les bonnes questions d’un point de vue déontologique. Nous pensons que c’est en informant les avocats que nous créerons un climat propice à l’adoption par les avocats des nouvelles technologies, ce qui les aidera à franchir le pas. Nous étudions enfin la mise en place d’un comparateur des solutions logicielles des avocats. Partis du constat que les avocats éprouvaient beaucoup de difficultés à s’y retrouver dans toutes les fonctionnalités offertes par les fournisseurs de logiciels de cabinets d’avocats (enterprise ressource planning, content management system, intranets, etc.), ce comparateur vise à fournir un aperçu global des logiciels à destination des avocats ou des professions juridiques en général, et ce en vue d’améliorer l’information des avocats au sujet du panel de solutions existantes pour la mise en œuvre de leurs activités, en mettant l’accent le cas échéant sur les spécificités de ces solutions liées au respect des règles déontologiques.

L’Incubateur est un projet porté pour et par les avocats. Nous pensons que la volonté d’innover est partagée par l’ensemble des barreaux francophones et germanophone. Les trois ressorts des cours d’appel (Bruxelles, Liège et Mons) sont par ailleurs représentés dans la composition de l'Incubateur. Celui-ci est constitué de deux organes:

1/ Le Comité, composé de jeunes avocats inscrits dans différents barreaux, s’occupe du day-to-day de l’Incubateur et de la mise en oeuvre des différents projets. A ce jour, le Comité est constitué d’Essya Kastally (Bruxelles), Julie Neuray (Liège), Alexiane Wyns (Bruxelles), Victoria Renson (Verviers), Florian Ernotte (Liège), Naël El Berkani (Bruxelles) et Adrien van den Branden (Bruxelles) ; 

2/ Le Conseil d'accompagnement préside aux bonnes destinées des missions de l'Incubateur. Il est composé d’Olivier Haenecour (Mons), Pierre Henry (Verviers), Jean-Louis Joris (Bruxelles) et Stanislas van Wassenhove (Bruxelles).

Le projet de l’Incubateur est loin d’être une initiative isolée. La France a été le premier pays à voir naître des structures destinées à catalyser les forces innovatrices au sein des barreaux. Il existe aujourd’hui des incubateurs au sein des barreaux de Lyon, Marseille et Toulouse. Des initiatives semblables sont en germe en Italie, en Suisse ou encore au Québec. La révolution numérique ne connait pas de frontières.

Nous sommes convaincus au sein de l’Incubateur que le digital représente une opportunité pour le monde juridique. L’avocat qui intègre la technologie dans sa pratique sera « augmenté » dans ses capacités d’empathie et de conseil. La technologie permet à l’avocat de se libérer des contraintes de temps liées à l’accomplissement de fonctions subalternes pour se concentrer sur des tâches à haute valeur ajoutée. Cette transformation passe par une approche tournée vers l’innovation. C’est ce que l’Incubateur aura pour tâche de favoriser.

Ne manquez pas de suivre les activités de l’Incubateur sur notre site web www.incubateur.legal et sur notre groupe LinkedIn

 

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