Rencontre avec les doyens des facultés de droit: Patrick Goffaux (ULB) 3/5

En ce mois de septembre, nous laissons la parole aux doyens des facultés de droit.

Les doyens des facultés sont responsables des choix qui orienteront la formation de ces juristes de demain. Mais qui sont-ils vraiment? Quelle vision chacun d'eux a-t-il des études de droit? Quel juriste chaque faculté entend-elle former?

Nous vous proposerons, chaque semaine, de découvrir l'interview d'un des 5 doyens des facultés de droit francophones du pays.

Troisième numéro de cette série avec Patrick Goffaux, doyen des facultés de droit de l'Université Libre de Bruxelles.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui vient d'entamer des études de droit? Quelles sont d'après vous les compétences requises pour entamer ces études?

Assister avec assiduité aux cours magistraux et séances de travaux pratiques. Suivre les recommandations données par les professeurs et assistants. Etudier de manière quotidienne afin de ne pas se laisser déborder par la matière, qui est beaucoup plus importante en volume et plus complexe que celle enseignée en secondaire.

Comme pour toutes les études universitaires: une excellente maîtrise du français, une bonne aptitude au raisonnement logique, le souci de la rigueur et de la précision.

Nous avions rencontré vos prédécesseurs en 2008. Les étudiants qui avaient été diplômés en cette année-là (année académique 2007/2008) étaient les premiers à avoir suivi la totalité de leur cursus universitaire selon la nouvelle organisation (baccalauréat/Master) imposée par la réforme de Bologne. 7 ans plus tard, quel bilan pourriez-vous dresser de l'application de cette réforme?

Ce texte a accompagné une évolution de nos études dictée par la mutation du monde dans lequel nous vivons. Nous n'attendons cependant pas l'adoption d'une loi ou d'un décret pour intégrer cette évolution dans nos programmes et méthodes d'enseignement. Nous sommes à l'écoute de ces changements et besoins nouveaux et ce, d'autant plus que bon nombre de nos enseignants sont aussi des praticiens du droit.

La mobilité des étudiants est-elle désormais bien réelle au sein de l'Union européenne? Qu'en est-il de l'équivalence des diplômes?

Nos étudiants bougent en effet de plus en plus. Ils sont nombreux à réaliser une partie de leur cursus dans une ou plusieurs universités étrangères. Au sein de l'Union européenne, mais aussi au-delà, les Etats-Unis, la Chine, le Canada... Des émissaires, de l'Université ou de la Faculté, parcourent le monde afin de conclure de nouveaux accords d'échange ou de coopération.

Cette mobilité estudiantine coûte cependant fort cher aux étudiants et à leurs parents. Nos étudiants sont ainsi de plus en plus nombreux à avoir une activité rémunérée pendant leurs études et ce, durant toute l'année, plus seulement durant les vacances académiques. 

Le droit est une matière qui est demeurée fortement liée à un pays. On ne peut dès lors prévoir une équivalence automatique des diplômes. La pratique professionnelle du droit en Belgique par un diplômé étranger passe en principe par la réussite d un programme d'équivalence en un ou deux ans. Notre programme d'équivalence à Bruxelles compte de plus en plus d'inscrits, signe aussi de la mondialisation et du renforcement du rôle international de notre Ville et de notre Université.

Qu'en est-il aujourd hui de l'apprentissage des langues au sein de votre faculté de droit?

Ces dernières années, nous avons veillé à renforcer l'apprentissage des langues. Nous offrons des formations de mise à niveau en néerlandais et en anglais de base qui préparent à la réussite des cours de terminologie juridique en langue néerlandaise ou anglaise. S'ils le souhaitent, nos étudiants peuvent également suivre des cours de droit dispensés en langue néerlandaise ou anglaise, sur notre campus ou sur celui de la VUB avec qui nous avons conclu des accords; coopération que nous allons encore renforcer dans les années prochaines, ainsi d'ailleurs qu avec la KULeuven.

L'offre de masters complémentaires est de plus en plus importante. Quels sont les masters de spécialisation proposés par votre faculté?

Je ne pense pas que cette offre soit de plus en plus importante. Le sous-financement auquel nous confronte la Communauté française a plutôt fait que nous avons dû, ces dernières années, supprimer certains de nos Masters de spécialisation. Nous avons cependant toujours été en pointe en ce domaine et continuons d'offrir des formations spécialisées de grande qualité: en notariat, droit fiscal, droit international, droit européen et droit social.

Nous organisons par ailleurs un master en criminologie.

Parallèlement, nous multiplions nos offres de formation continue, mais il s agit là d'études qui ne sont pas subventionnées.

Les universitaires sont de plus en plus nombreux et les auditoires de droit connaissent un grand succès. Pensez-vous que les étudiants sont trop nombreux à se lancer dans les études de droit?  Seriez-vous favorable à un numerus clausus? Que pensez-vous dun système d'entrée sélectif comme il en existe en Suède ou en Grande-Bretagne ?

Il serait plus judicieux de veiller à organiser une meilleure transition entre études secondaires et études supérieures ou universitaires, ce qui suppose une amélioration du dialogue entre ces niveaux. Le partage des compétences en matière d'enseignement entre deux, voire trois, ministres n'est à cet égard guère heureux.

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Publié 29-09-2015

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