Les priorités de Michel Forges, bâtonnier du barreau de Bruxelles en vidéo!

Publié 11-10-2018

Michel Forges le déclare d’emblée : il est un avocat heureux. Au regard de son enthousiasme et sa motivation, nul doute qu’il sera également un bâtonnier heureux ! Avocat depuis 1982, il nous dit avoir su, dès 1985, qu’il serait, un jour, bâtonnier… « Restait à savoir quand ». L’incertitude est désormais levée puisque, depuis le 1er septembre 2018, il occupe la fonction de bâtonnier de l’ordre français du barreau de Bruxelles.

 

Découvrez les 6 priorités de Michel Forges dans la vidéo ci-dessous!

 

Porte-parole des avocats bruxellois

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Lors de ses études secondaires, Michel Forges était déjà délégué de classe. « Défendre une minorité ou être le porte-parole d’un groupe, prendre la parole au nom de ceux qui ont parfois moins de culot pour le faire ont toujours fait partie de moi ». C’est ce trait de sa personnalité qui l’a poussé à être avocat et à rapidement s’investir au sein du Conseil de l’ordre. Aujourd’hui bâtonnier, il envisage sa fonction comme une fonction de représentation et de service plus qu’une fonction d’apparat.

Optimiste et positif de nature, il dit se méfier du climat d’indignation qui règne au sein de certaines organisations : « Aujourd’hui, on est heureux de dire :  je me suis indigné, j’ai protesté, je me suis opposé à telle décision, telle action du gouvernement... ». Selon lui, il faut privilégier l’action et il entend donc être mesuré dans les phases d’indignation au nom du barreau de Bruxelles.

L’avenir de l’avocat…

Quand on l’interroge sur l’avenir de la profession d’avocat, Michel Forges ne se dit pas inquiet. « L’avocat a pour rôle essentiel de défendre, d’être porte-parole et est indépendant. Il doit garder ces caractéristiques quoiqu’il arrive. Cette indépendance suppose que ce ne soit pas le pouvoir exécutif qui nous dicte ce que sera notre avenir », petite allusion au passage au rapport relatif à l’avenir de la profession rendu récemment au Ministre Geens…

Et la technologie, inquiète-t-elle Michel Forges ? Il estime que les avocats ne peuvent pas avoir un rôle moteur dans le développement des technologies. « Le barreau de Bruxelles ne peut pas rivaliser avec les GAFA ou les autres acteurs du monde technologique. Cependant, les avocats sont ouverts aux technologies et si demain les tribunaux s’adaptent, nous nous adapterons aussi et nous les encouragerons… et à mon avis, les avocats s’adapteront plus vite que les tribunaux…». Encourager les technologies, c’est bien le rôle de l’incubateur du barreau de Bruxelles dont Michel Forges souligne l’importance mais il déclare cependant avoir une certaine réticence par rapport aux technologies qui feraient disparaître le sens de la défense et de la parole. « Dans chaque cas, les circonstances sont particulières, le ressenti des parties est différent et il faut pouvoir examiner et apprécier cela dans une décision de justice ».

Une maison de l’avocat à Bruxelles

Cette rencontre se termine en évoquant un rêve de Michel Forges : créer une maison de l’avocat. S’il reconnait le côté historique et majestueux du palais Poelaert, le bâtonnier regrette cependant son manque de convivialité et considère que sa grandeur n’est plus en adéquation avec l’image de la justice telle qu’on l’entend au XXIème siècle. « Je suis à la veille de pouvoir jouir du bureau du bâtonnier qui est sans doute le plus grand et le plus beau de ce bâtiment majestueux mais je n’en éprouve pas une grande joie… C’est un peu comme si on m’obligeait à aller travailler avec un chapeau bicorne sur la tête ! C’est en décalage avec notre époque, cela n’a plus beaucoup de sens ! ». Michel Forges souhaiterait que les avocats bruxellois puissent disposer d’un espace de travail et de rencontre convivial, contemporain et accessible à tout moment… Un rêve pas simple à réaliser mais Michel Forges entend bien travailler sur ce point au cours de son mandat.

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