L’Electrochoc Numérique: clap 3ème!

Partenariat et notification comme avenir de la profession d’avocat

Pourquoi une troisième édition de l’Electrochoc Numérique? Jean-Pierre Buyle, président d’Avocats.be répond d’emblée: “car la digitalisation est une évolution. Le monde juridique est en papier alors que la révolution numérique est en cours”.

Publié 20-12-2018

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Si quelques projets évoluent (le président citera: RegSol, le système e-deposit DPA…), de nombreux projets sont encore en chantier. Rester à jour et, mieux encore, anticiper le changement est une nécessité pour l’avenir de la profession d’avocats. Et c’est à cette tâche que s’attelle l’Incubateur d’Avocats.be, organisateur de L’Electrochoc Numérique. Les deux sujets retenus pour cette troisième édition étaient le partenariat et la notation.

Partenariat et coworking

La première table ronde, dirigée par Maurice Krings, Dauphin du barreau de Bruxelles, a montré comment le digital était une opportunité pour créer ou renforcer les liens entre avocats, mais aussi les liens entre les avocats et d’autres professions – qu’elles soient juridiques ou pas. Les nouvelles formes de partenariat entre avocats permettent de répondre aux exigences du client en matière de compétences (plusieurs avocats spécialisés dans des matières diverses peuvent collaborer pour une même affaire complexe, par exemple), de diligence et de limitation des coûts.

Différentes formes de partenariats entre avocats sont possibles et, parmi celles-ci, Stanislas Van Wassenhove a mis en avant le coworking comme solution pour l’avocat du futur. Le coworking permet de mutualiser de nombreux coûts inhérents à la gestion d’un cabinet et de créer des synergies entre des avocats qui ne sont pas nécessairement associés et aussi entre les avocats et d’autres professions.

Face aux avocats du panel (Catherine Burton, David Ribant et Xavier Gillot), Ludo Declerck, directeur général de l’Institut des juristes d’entreprise (IJE), représentait le point de vue des clients: “Dans une entreprise, il va de soi que la technologie permet de se connecter, de partager des informations et de travailler à distance… Pour le client, il est donc évident que ceux avec qui il travaille, qu’ils soient avocats ou pas, fonctionnent de la même manière. Peu importe la manière dont l’avocat s’organise, ce qui compte pour le client, c’est d’avoir une solution rapide et à prix raisonnable”.

Maurice Krings a cependant insisté sur le fait que ces nouvelles formes de collaboration devaient être conformes aux règles de déontologie: “Le client ne comprend pas toujours ces règles de déontologie et les voit comme des barrières mais elles forment plutôt un périmètre de sécurité et une garantie que son cas sera traité avec toute la discrétion et toute la prudence qui s’imposent”.

Un tripadvisor des avocats?

Dans un monde qui s’accélère et se complexifie, les clients ont besoin d’un accélérateur de confiance. C’est là le rôle des systèmes de notifications. Hôtels, restaurants, banques… personne n’y échappe, pas même les avocats.

Les services des avocats sont-ils voués à être notés par les TripAdvisor du droit ? Les avocats ont-ils un intérêt à être notés? Comment évaluer les avocats de manière objective? Telles étaient les questions au centre de la seconde table ronde animée par Xavier Van Gils, Vice-Président d’Avocats.be.

Pour Aurélien Schvartz, directeur marketing de my-lawyer.be, les avocats ont besoin de notations pour sortir du lot: “Faire face à une remise en question de son travail et accepter cette remise en question permet d’améliorer son travail”.

La question n’est plus de savoir si on est pour ou contre un système de notifications des avocats car ceux-ci existent déjà. La question serait plutôt: les ordres officiels ne doivent-ils pas les réguler notamment en imposant des critères objectifs de notation? Ne doivent-ils pas apporter des solutions pour objectiver les critères et valider les classements?

Gestion de cabinet et gestion de la connaissance

L’après-midi se poursuivait avec trois ateliers: l’un consacré à la gestion du cabinet; le second, au futur de la gestion de la connaissance et l’IA et le dernier à la Digital Platform for Attorneys (DPA).

L’objectif du premier atelier était de permettre aux participants de comparer les logiciels de gestion de cabinet d’avocats. Afin de choisir le logiciel, en toute objectivité et en fonction des besoins et attentes de chacun, chaque logiciel a été soumis aux questions suivantes:

  • Qu’en est-il de la gestion de dossiers, d’agenda et de documents?
  • Qu’en est-il de la gestion du client (CRM et extranet)?
  • Quid des aspects financiers (timesheet, facturation et comptabilité)?
  • Quelles sont les conditions tarifaires et les spécificités de chaque logiciel?

Dans l’atelier consacré à la gestion de la connaissance, la réflexion portait sur les besoins actuels et futurs des avocats qui recherchent de l’information et consultent des bases de données.

Anne Knops (Knowlex) a rappelé que beaucoup d’avocats débutaient leurs recherches sur Google avant même de consulter des banques de données fermées. Si, Google et Amazon restent des exemples à suivre pour Paul-Etienne Pimont (Larcier – ELS), l’absence d’open data des décisions judiciaires en Belgique complique le développement des banques de données juridiques.

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Pour Carine Lecomte (Wolters Kluwer), les banques de données doivent évoluer pour permettre des recherches plus rapides, plus pertinentes mais aussi plus intuitives et plus personnalisées. “Entrer la description d’un casus particulier dans une banque de données plutôt que faire une recherche sur des termes juridiques, ce n’est pas l’avenir, ca existe déjà ici et maintenant avec notre logiciel Legal Insights”. Aux inquiétudes de certains participants face à l’avénement de l’intelligence artifielle, Carine Lecomte a répondu: “Les avocats ne doivent pas craindre l’intelligence artificelle mais craindre leurs confrères qui demain en feront l’usage”.

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