L’avenir de la profession de juriste d’entreprise

Après les avocats, les notaires et les huissiers, c’est au tour des juristes d’entreprises de remettre leur rapport sur l’avenir de leur profession.

Publié 18-12-2018

Ruth Boone / Catherine Massard

Après les avocats, les notaires et les huissiers, c’est au tour des juristes d’entreprises de remettre leur rapport sur l’avenir de leur profession.

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L’institut des Juristes d’entreprises a remis au ministre de la Justice son rapport sur la modernisation du métier de juriste d’entreprise. Dans ce rapport, Saskia Meermans, Présidente de l’IJE et Hugues Delescailles (ancient president de l’IJE), qui avaient été désignés comme experts revendiquent la place du juriste d’entreprise aux côtés des autres professions juridiques réglementées.

Au début de l’année 2018, le Ministre de la Justice Koen Geens a annoncé un plan d’action concernant la modernisation de tous les métiers juridiques. Les avocats, les notaires et les huissiers de justice avaient déjà remis précédemment leur rapport. C’est désormais le tour des juristes d’entreprise.

Le rapport l’énonce avec conviction: le juriste d’entreprise est l’une des quatre professions juridiques réglementées aux côtés des avocats, des huissiers de justice et des notaires. “Il n'y a donc aucune raison de parler d'une hiérarchie de l’« excellence », de l’« indépendance » ou de la « rigueur » du secret professionnel au sein des professions. Tous les membres des quatre professions ont reçu la même formation juridique ; l'indépendance du conseil juridique est non seulement un devoir déontologique pour chaque membre de chaque profession, mais aussi un « état d'esprit » naturel”, énonce le rapport. Au lieu de se concentrer sur les differences entre les professions, les experts trouvent plus opportun de rechercher des synergies, de promouvoir l'intermobilité et de permettre une interprofessionnalité. Ils plaident pour une meilleure coopération entre les professions juridiques et voient des opportunités dans l’élaboration conjointe de la déontologie, des règles disciplinaires et de la formation continue.

 

Les experts plaident également pour un accès aussi large que possible à l’Institut des juristes d’entreprise. Les juristes indépendants et les juristes intérims doivent aussi pouvoir bénéficier d’un cadre garantissant qualité et intégrité. Rendre cet accès obligatoire est dans l’intérêt du justiciable et dans l’intérêt général.

 

Hugues Delescailles souligne, par ailleurs, que la formation de base des étudiants en droit doit être plus large et mieux cadrer avec la réalité sociétale et économique dans laquelle le future juriste travaillera. Le rapport pointe les lacunes dans la formation universitaire: “Pouvoir faire face aux attentes plus exigeantes et en constante évolution de la société est un besoin et une préoccupation dans chaque formation. Ces compétences vont de la maîtrise de l'informatique, à la protection de la vie privée qui y est associé, des concepts financiers et bancaires, des concepts essentiels de l’entreprenariat, de la gestion de projets et du besoin de développement et de formation en matière d’intelligence émotionnelle”.

 

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