9 et 10 novembre : premier hackathon juridique belge

Mais qu’est-ce que l’Incubateur européen du barreau de Bruxelles ?

L’Incubateur européen du barreau de Bruxelles organise le premier hackathon juridique belge ces 9 et 10 novembre 2018.

Publié 05-11-2018

L'hackathon est un concours réunissant des personnes disposant de compétences juridiques ou informatiques autour d’un projet visant à faciliter le travail des avocats. Cette année le thème est la récupération de créance.

Mais qu’est-ce que l’Incubateur européen du barreau de Bruxelles et quelles sont ces missions ?

 

Pourriez-vous nous en dire plus sur cet hackathon que vous organisez les 9 et 10 novembre prochains ?

Cet hackathon est une initiative tout à fait originale de l’Incubateur européen du barreau de Bruxelles. Il s’agit d’un concours où des équipes composées de juristes, d’avocats, d’ingénieurs et de geeks s’affronteront pendant deux jours dans un contexte décontracté pour développer un prototype d’application informatique destinée à faciliter le travail de l’avocat dans le domaine de la récupération de créance. Ils ne seront pas seuls dans cette aventure. Ils bénéficieront, tout au long du concours, du conseil d’experts belges et européens qui ont accepté de se joindre à cette initiative. Un jury international sélectionnera les meilleurs projets qui seront récompensés par des prix d’une valeur de 6.000 euros et, le cas échéant, par un accompagnement professionnel dans la finalisation du prototype.

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Le Centre Perelman de l’Université libre de Bruxelles, HEC-Paris, le laboratoire de Cyberjustice de l’Université de Montréal, l’Université Paris II Panthéon-Assas, l’Université de Nice Sophia Antipolis, le Club des juristes de Paris ainsi que le Fonds National de la Recherche Science (F.R.S.-FNRS) accompagnent et soutiennent cette initiative.

 

Pourquoi avoir créé un Incubateur européen du barreau de Bruxelles ?

En décembre 2017, l’Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles a créé, en collaboration avec l’Ordre néerlandais, l’Incubateur européen du barreau de Bruxelles. Sa création était discutée au conseil de l’Ordre depuis 2015. L’action déterminée du bâtonnier Pierre Sculier a permis de passer de la réflexion à l’action. Sa création est commandée par la nécessité d’accompagner la profession dans le tournant digital.

Le tournant digital concerne tous les secteurs. Il modifie les pratiques, transforme les modèles économiques et fait émerger de nouveaux défis. Toutes les professions du droit sont concernées des juges aux notaires en passant par les huissiers de justice, les juristes d’entreprise et, bien évidemment, les avocats. À son égard, la stratégie de l’autruche n’est pas une option. Si vous ne vous occupez pas du tournant digital, il s’occupera de vous sans tenir compte de votre déontologie et de vos valeurs. Les grands barreaux ne s’y sont pas trompés. Ils ont pris le taureau par les cornes en créant des incubateurs pour penser, accompagner et orienter le tournant digital et ses effets. New York a ouvert la marche en 2007 et de nombreux barreaux américains lui ont emboité le pas. Il y a pas moins d’une soixantaine d’incubateurs juridiques en activité aux Etats-Unis aujourd’hui. En France, le barreau de Paris a inauguré son incubateur en 2014 et est rejoint désormais par Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg et d’autres. Au Royaume-Uni, la Law Society a lancé son incubateur en 2018.

Dans ce contexte, créer un incubateur pour le barreau de la capitale de l’Europe, ce n’était pas une option. C’était un devoir : un devoir à l’égard des avocats du barreau de Bruxelles, particulièrement des petites et moyennes structures qui n’ont généralement pas les ressources nécessaires pour faire face aux défis technologiques, mais aussi un devoir à l’égard de ceux qui envisagent de le rejoindre demain. C’était un devoir enfin par rapport aux valeurs de la profession et à son rôle dans la défense de l’état de droit qui, lui aussi, se conjugue désormais au numérique. Le bâtonnier Michel Forges qui poursuit dynamiquement l’initiative est pleinement conscient des enjeux pour la profession (NDLR : découvrez la vidéo de Michel Forges sur ce point notamment en cliquant ici).

 

Quelles sont les missions de l’Incubateur européens du barreau de Bruxelles?

Les missions de l’Incubateur européens du barreau de Bruxelles sont au nombre de quatre.

Premièrement, il a vocation à former et à informer les avocats sur les développements technologiques qui les concernent.

Deuxièmement, il est un lieu d’échange et de réflexion sur la modernisation de la profession d’avocat.

Troisièmement, il a vocation à agir afin de garantir que le barreau s’engage dans le tournant digital dans le respect de ses valeurs.

Enfin, il vise à fédérer les initiatives européennes sur l’innovation technologique et ses implications pour la profession.

 

En quoi votre incubateur est-il différent de l’Incubateur d’Avocats.be ? 

L’Incubateur européen du barreau de Bruxelles est complémentaire de l’Incubateur d’Avocats.be de plusieurs points de vue.

Premièrement, fruit d’une collaboration entre l’Ordre francophone et l’Ordre néerlandophone, il répond à la sociologie particulière du barreau de Bruxelles où de nombreux cabinets regroupent des avocats inscrits à l’un et à l’autre Ordre.

Deuxièmement, l’Incubateur a fait le pari de l’interdisciplinarité et de la transversalité. Il n’est pas seulement composé d’avocats, mais également de juristes d’entreprise, d’ingénieurs, de scientifiques et d’académiques qui apportent leur compétence dans l’examen des questions technologiques.

Enfin, pour aborder un défi global au cœur de la deuxième ville la plus cosmopolite du monde, l’Incubateur s’est voulu d’emblée international. Il réunit ainsi des experts internationaux, mais également de nombreux barreaux étrangers français, allemands, luxembourgeois. Les défis sont gigantesques. Il n’y a pas trop de deux incubateurs pour les relevés en Belgique francophone.

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