Mémento du droit de la jeunesse 2015

http://communities.kluwer.be/media/3751/_legalworld_uploadedimages_home_home_3_image001-72.jpgCélèbre avocat pénaliste, souvent consulté par les médias sur les affaires judiciaires qui défraient l'actualité, Marc Preumont est également l'auteur du «Mémento du droit de la jeunesse» dont la nouvelle édition vient de paraître.

D'où lui vient cet attrait pour le droit de la jeunesse? 

Interview.

Qu'est-ce qui vous a amené à vous spécialiser dans le droit de la jeunesse?

En 1979, l'ONE lançait un programme de recherche-action concernant l'enfance maltraitée qui fut à l'origine de la création des équipes SOS-Enfants spécialisées dans le dépistage et la prise en charge des enfants maltraités. J'étais alors assistant en droit pénal à la faculté de droit de l'ULB et il m a été demandé d'être le juriste de l'équipe SOS-Enfants ULB à l'hôpital Saint-Pierre. De fil en aiguille, de colloques en journées d'études sur le sujet de la maltraitance d'enfants et puis, de manière générale, sur les droits de l'enfant et les problèmes de l'aide à la jeunesse et de la protection de la jeunesse, j'ai été amené à donner le cours de Protection de la jeunesse à l'ULB.

Vu le contexte sociétal de ces dernières années (rapt parental, abus, enlèvements...), la législation a-t-elle été appelée à évoluer? Sur quels sujets en particulier?

Tout le domaine du droit de la jeunesse (droits de l'enfant, aide à la jeunesse en danger et en difficulté, traitement des mineurs délinquants...) évolue sans cesse sans que l'on puisse dire que tel ou tel sujet particulier soit plus évolutif qu un autre. C'est l'ensemble de cette matière qui est constamment en mouvement, en ébullition. Il est vrai que la société s'est montrée de plus en plus sensible (parfois même hypersensible), au cours de ces 25 dernières années, au sort des enfants, des jeunes, des familles... 

Y a-t-il encore des manquements de ce point de vue dans notre législation? Des éléments à améliorer?

Le vécu quotidien de situations pénibles révèle forcément les inévitables lacunes de tout système psycho-médico-social, administratif, judiciaire... Tout, dans le domaine qui nous occupe, est à améliorer sans cesse dans la conscience lucide de l'impossibilité de jamais atteindre, loin s'en faut, le mythe de la perfection. Ceci vaut non seulement pour la législation mais également pour les applications pratiques de celle-ci sur le terrain. Les manquements peuvent se trouver dans les textes légaux et réglementaires mais aussi dans la manière de fonctionner des femmes et des hommes oeuvrant dans les nombreux services et institutions qui composent le dispositif protectionnel des droits des enfants, des jeunes et des familles en difficulté.

Pensez-vous que les premiers intéressés, les enfants et les adolescents, sont suffisamment sensibilisés à leurs propres droits?

Des efforts importants sont consentis, notamment par les pouvoirs publics et le monde associatif, pour qu'il en soit ainsi. Depuis l'avènement de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant adoptée par les Nations-Unies en 1989, des progrès considérables ont été accomplis à cet égard mais, répétons-le, tant reste encore à faire...

A qui s'adresse le «Mémento du droit de la jeunesse»?

A un public finalement assez large: étudiants, travailleurs sociaux, praticiens du droit de la jeunesse (juristes ou non).

Ce mémento, d'ambition modeste, permet en tout cas à toute personne confrontée à des questions touchant au droit de la jeunesse de trouver rapidement et aisément les éléments d'information de base susceptibles de fonder les premières réflexions et actions et d'ouvrir des pistes en vue de mener, si nécessaire, des recherches plus approfondies dans d'autres publications.

M. Preumont, "Mémento du droit de la jeunesse 2015", Kluwer, Waterloo, 2014.

Publié 04-12-2014

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